À l’origine de la culture scientifique, il y a cette idée de chercher à comprendre et de rester curieux et ouvert sur le monde.

Alors que l’automne transforme les paysages, on constate que le sol des Laurentides est déjà couvert de feuilles mortes, tandis que les forêts des Cantons-de-l’Est commencent à peine à rougir. On se questionne. On compare les heures d’ensoleillement et les températures pour comprendre la raison de ce décalage. Sans le savoir, on est en train de faire appel à sa culture scientifique.
 
Le concept de la culture scientifique peut parfois nous sembler abstrait. Pour le démystifier, nous nous sommes entretenues avec Audrey Nogues, directrice des événements et des partenariats chez Technoscience Région métropolitaine*. Voici un bref résumé de notre rencontre.

Qu’est-ce que la culture scientifique?

Audrey explique que « la culture scientifique fait bien sûr référence aux savoirs scientifiques et technologiques, mais [que] c’est aussi un état d’esprit qu’on peut symboliser par la curiosité. La culture scientifique, c’est donc être curieux, rester informé sur ce qui se passe, s’interroger sur les choses qui nous entourent, en discuter, approfondir des sujets, remettre en question pourquoi et comment ça fonctionne, etc. ».
 
Selon Audrey, la culture scientifique ne se limite pas aux mathématiques, à la chimie ou à la physique ni même à l’école. Elle s’envisage partout, à tout âge et en tout temps. C’est un angle qu’on choisit d’aborder. Elle ajoute : « Prenons la tour de Pise. Pourquoi est-elle encore debout? Il y a des techniques derrière ça. Prenons les recettes de grand-mère. Derrière chacune se cache un principe scientifique. Que ce soit l’anatomie appliquée au sport, les notions de chimie dans l’alimentation ou la géométrie appliquée à l’art visuel, tout est relié à la science quelque part. Ça peut s’intégrer à tous les niveaux scolaires et à toutes les disciplines. ».

Comment l’intégrer en classe?

Les enseignants ont accès à une panoplie de ressources sur le Web, sur les réseaux sociaux, dans les livres et, bien sûr, chez les organismes de culture scientifique. Ainsi, comme le mentionne Audrey, le simple fait de rester connecté à l’actualité peut engendrer des occasions de développer la culture scientifique. Par exemple, un enseignant pourrait, à partir d’un article paru dans le journal et portant sur un séisme, prendre quelques minutes pour expliquer le phénomène géologique à ses élèves. Mais, pour que leur curiosité soit stimulée, il faut trouver la meilleure façon de les intéresser. Le groupe est-il plus réceptif aux lectures, aux discussions, aux vidéos, aux activités collaboratives ou aux défis pratiques?
 
Avant même de se demander comment la transmettre à leurs élèves, Audrey suggère aux enseignants d’observer leur propre façon de consommer la culture scientifique. En effet, c’est par la mise en commun des préférences de l’enseignant et de celles des élèves que le développement de la curiosité sera optimal.

Le conseil d’Audrey

Audrey conseille d’y aller selon les champs d’intérêt et les envies de l’enseignant et de ses élèves. Elle affirme que « c’est dans le plaisir que l’information va se transmettre, que la curiosité va se développer et que l’habitude de se tenir au courant, de réfléchir et de discuter va se prendre ».
 
Inspirant, n’est-ce pas? Et vous, quelles idées avez-vous pour intégrer la culture scientifique en classe?

Envie d’aller plus loin? Consultez les ressources suivantes :

Quelques suggestions d’Audrey :

* Technoscience Région métropolitaine est un organisme sans but lucratif membre du Réseau Technoscience. Présent en Montérégie, à Montréal et sur la Rive-Nord, il offre une variété d’activités et d’événements à teneur scientifique et technologique. Sa mission est de promouvoir les carrières en science et en technologie ainsi que la culture scientifique et de rendre celle-ci plus accessible. Le Réseau Technoscience est présent partout au Québec grâce aux Technoscience régionaux.

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